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À sa création, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) avait suscité beaucoup d’espoir. Elle devait moderniser l’état civil au Bénin, fiabiliser les données et surtout simplifier les démarches administratives.
Quelques années plus tard, le contraste entre cette ambition et la réalité vécue par certains usagers interpelle.

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ToggleLe RAVIP avait posé les bases d’une vaste réforme de l’identification au Bénin. L’objectif était de doter chaque citoyen d’une identité fiable et de construire une base de données nationale utilisable par les différentes administrations.
Les projets qui ont suivi, notamment le PEDEC, le RNArtisans et le DEMAT, semblaient confirmer cette volonté de bâtir une administration moderne, numérique et interconnectée.
Mais entre les ambitions affichées et l’expérience de certains citoyens, le fossé demeure.
Faire corriger une erreur sur un nom, une date de naissance ou une autre donnée personnelle peut encore nécessiter plusieurs démarches et déplacements.
Le paradoxe est saisissant : le numérique devait simplifier l’administration, mais il donne parfois le sentiment de simplement numériser ses lourdeurs.
Pour le citoyen, le problème n’est donc plus seulement d’être identifié. Il faut aussi pouvoir faire corriger rapidement une donnée erronée et s’assurer que cette correction soit prise en compte partout.
L’un des grands objectifs de la réforme était de permettre aux administrations d’échanger directement leurs données.
Pourquoi demander encore au citoyen des informations ou des documents déjà disponibles dans les bases publiques ? Pourquoi certaines corrections ne sont-elles pas automatiquement répercutées dans les différentes plateformes ?
Ces questions restent posées et renvoient à un enjeu essentiel : l’interopérabilité réelle des systèmes publics.
L’ANIP a incontestablement contribué à moderniser l’identification au Bénin. Mais une réforme de cette ampleur ne peut vivre uniquement sur ses acquis.
Les bases de données doivent être régulièrement mises à jour et sécurisées. Les plateformes doivent évoluer et les procédures être constamment évaluées et simplifiées.
La performance de l’ANIP ne devrait donc pas être mesurée uniquement au nombre de personnes enregistrées ou de documents délivrés. Elle devrait aussi l’être à la capacité de l’administration à résoudre rapidement les problèmes des citoyens.
L’identification n’est pas une fin en soi. Elle doit servir le citoyen.
L’ANIP dispose d’outils et de données qui pourraient faire du Bénin une référence régionale en matière d’identification numérique. Encore faut-il poursuivre les efforts sur l’interconnexion, la correction des données et la qualité du service.
À défaut, l’ANIP risque de rester cette « belle endormie » : une agence née d’une ambition remarquable, dotée d’outils considérables, mais qui semble parfois dormir sur ses acquis alors que les attentes des citoyens ne cessent de grandir.
Le véritable défi n’est plus seulement d’identifier le citoyen, mais de lui simplifier réellement la vie administrative.
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