
Les exercices militaires chinois en Afrique prennent une nouvelle dimension. Selon le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, ils renforcent autant les capacités de Pékin que celles de ses partenaires africains.
La Chine multiplie les exercices militaires sur le continent. Entre 2000 et 2026, l’Armée populaire de libération (APL) en a mené 24 en Afrique. Leur complexité et leur ampleur progressent également.
L’exercice « Aigles de la civilisation 2026 », mené avec l’Égypte, illustre cette évolution. Pékin y a notamment déployé des chasseurs J-16, des avions ravitailleurs et des appareils de transport stratégique. L’APL a ainsi testé sa capacité à projeter une force aérienne sur plus de 6 000 kilomètres.

Cette évolution soulève des interrogations sur les bénéfices pour les armées africaines. Selon l’analyse publiée par le Centre, la Chine conserve généralement une influence importante dans la conception des exercices.
Les scénarios privilégient notamment la supériorité aérienne, les opérations amphibies et la projection de forces. Ces priorités répondent directement aux besoins opérationnels de l’APL.
Les pays africains bénéficient toutefois de formations, d’équipements et d’une diversification de leurs fournisseurs militaires. Mais cette coopération peut aussi renforcer leur dépendance envers Pékin.
L’enjeu dépasse donc la simple coopération militaire. L’Afrique devient progressivement un terrain d’entraînement pour les capacités expéditionnaires chinoises. Pour préserver leur autonomie stratégique, les États africains devront davantage peser sur les objectifs et les scénarios des exercices conjoints.
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