
Le gouvernement béninois a récemment annoncé la gratuité de la scolarité des filles dans les collèges publics. Cette mesure, qui s’inscrit dans la politique de promotion de l’éducation des jeunes filles, a été saluée par de nombreux acteurs du système éducatif. Elle vise à réduire les abandons scolaires et à favoriser une meilleure représentation des filles dans l’enseignement secondaire.
Mais cette décision relance également un débat qui mérite d’être posé avec sérénité : les garçons ne rencontrent-ils pas eux aussi des difficultés qui nécessitent une attention particulière ?
Depuis plusieurs années, les politiques publiques mettent un accent particulier sur la protection et la promotion de la jeune fille. Les bourses, les campagnes de sensibilisation et les mesures de gratuité se multiplient. Ces actions se justifient par la nécessité de corriger des inégalités historiques qui ont longtemps pénalisé les filles dans l’accès à l’éducation.
Cependant, dans certaines familles confrontées à la précarité, les charges liées à la scolarisation des garçons demeurent entièrement à la charge des parents. Certains observateurs s’interrogent alors sur l’opportunité d’étendre progressivement certaines mesures d’accompagnement à tous les élèves, indépendamment du sexe.
Être garçon aujourd’hui n’est pas toujours un privilège. La société attend souvent de lui qu’il soit fort, autonome et capable de se débrouiller seul. Très tôt, il est préparé à assumer des responsabilités familiales et économiques. Pourtant, lui aussi peut être confronté à la pauvreté, au décrochage scolaire, au manque d’encadrement ou à diverses formes de vulnérabilité.
La question n’est pas de remettre en cause les avancées obtenues par les filles. Leur accès à l’éducation demeure un enjeu majeur pour le développement du pays. Mais une politique éducative véritablement inclusive doit également tenir compte des réalités vécues par les garçons.
L’idéal serait de construire un système où aucun enfant n’est laissé pour compte. Car au-delà des statistiques et des considérations de genre, chaque élève, fille ou garçon, porte en lui une part de l’avenir du Bénin.
Le défi n’est donc pas de choisir entre les filles et les garçons, mais de créer les conditions d’une réussite partagée. Car l’égalité des chances ne consiste pas seulement à soutenir ceux qui sont en difficulté ; elle consiste aussi à veiller à ce qu’aucune catégorie ne se sente oubliée.

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