

Les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger sont attendus les 28 et 29 octobre à Moscou pour le sommet Russie-Afrique. Alors que la région du Sahel fait face à une menace terroriste permanente et à des tensions politiques internes, ce triple voyage hors du continent suscite des interrogations sur la sécurité de leurs régimes respectifs.
Des capitales sous surveillance
Le départ simultané d’Ibrahim Traoré, d’Assimi Goïta et d’Abdourahamane Tiani laisse leurs capitales respectives dans une situation délicate. Les récents événements dans la région rappellent la fragilité du contexte sécuritaire :
Au Niger, le pouvoir a fait face fin août à une tentative de mutinerie ciblant la base aérienne 101, la télévision nationale et le palais présidentiel à Niamey, finalement repoussée par la garde présidentielle.
Au Burkina Faso, les autorités ont affirmé avoir déjoué un complot en janvier 2026 visant plusieurs hauts responsables, dont le capitaine Traoré.
Au Mali, des soupçons d’infiltrations et de complicités internes ont émergé à la suite des attaques coordonnées d’avril.
Pression terroriste continue
Pendant que les trois dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) seront en déplacement, la menace des groupes armés demeure vive sur le terrain :
Mali : L’attaque du camp de Dioura le 10 septembre a lourdement touché les forces armées maliennes et leurs partenaires russes.
Burkina Faso : Le groupe JNIM a revendiqué la mort de cinq soldats lors d’un affrontement le 9 septembre.
Niger : Une embuscade attribuée à l’EIGS a coûté la vie à au moins 50 personnes le 23 septembre.
Un trajet non sans risque
Le choix de la destination comporte également sa part d’incertitudes. La capitale russe fait régulièrement l’objet d’attaques de drones ukrainiens, nécessitant un dispositif de défense renforcé. Pour les présidents de l’AES, l’enjeu stratégique de ce sommet se double ainsi d’un défi logistique et sécuritaire majeur.
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